I have to be pretty.
I have to be skinny.
I have to be happy.
Prettier; skinnier; happier.
La folie a toujours enivré les narines du monde. Frémissantes, elles effleuraient, défleuraient, enfluaient & jubilaient, surtout, de leur découverte. Parcourir l'océan du bout du nez, chatouiller le Soleil et enlacer les princesses sans perdre rien des olfactives ivresses dont ceux-ci se paraient.
Parlons-en, des princesses. Dans leurs palais déserts, elles errent, la pointe de leur cheveux balayant le parquet trop lisse, tantôt écrasées par la plante de leurs pieds élégants. Eternelles princesses impatientes, elles s'ennuient de trop de grandeurs -Ô, folie. Distraites parfois par quelqu'ogre au ventre élastique, élastique à l'infini, par quelque libellule parlante, perdue dans le bleu rougeoyant de ses ailes, ou par quelque fantôme somptueux incrusté de diamants.
Les sourires craquèlent leur peau oubliée, leurs bras fins avilis par trop du Vide qui les maintient.
L'ogre les avalaient, puis les recrachait -ou pire, les vomissait. Attrapant sadiquement leurs cheveux rayonnants, il les plongeaient toutes entières dans sa gorge suintant la faim, prenant soin au passage de jeter quelque furtif regard sous leurs robes trop vastes. Les princesses ainsi avaient défilé dans son oesophage, parfois par poignées, se lovant confortablement dans son flasque estomac. Quelques temps abandonnées en son corps gigantesque, comblant un instant le vide gargantuesque, elles bavardaient patiemment, puis en un rejet bref et collant, atterrissaient à nouveau sur le parquet vernis de leur palais, rapidement lavées et purifiées des immondices auxquelles elles avaient été mêlées.
La libellule les étourdissait, volant courageusement autour de leur bouche timide, battant des ailes en une pluie étoilées contre leurs cils, s'acharnant sur leurs maigres épaules à les faire voler. Elle récitait quelques poèmes enchantés, arrachant quelques gargouillis amusés aux princesses ravies d'étonnement. Elle tressait leurs chevelure dorée du mieux qu'elle pouvait, maladroite mais assurée, et chantait quelques comptines pour enfant de sa voix pailletée.
Le fantôme les initiait au vice, étalant en leurs lits d'infâmes liquides, titillant sous leurs robes des lieux trop intimes. Le fantôme les éblouissait du scintillement de ses pierres pour mieux les pervertir par des corps à âmes brûlants. Il les dénudait précipitamment, amusé par leurs lèvres innocemment entrouvertes, avant de mordre & griffer passionnément leur peau trop parfaite, au milieu des soupirs et des gémissements savourants.
Vous m'accompagnerez les voir, les princesses ? [
PS: R
ose, tu me dois une explication. J'ai eu et j'ai toujours besoin de toi, et va savoir pourquoi. Ne t'en vas pas ! Explique moi, au moins...]