Je ne sais plus faire autre chose que mentir. Je ne sais plus où est la vérité. J'ai envie de vomir, de pleurer, de hurler. C'est à s'arracher les cheveux. C'est pire qu'une guerre mondiale, pire qu'un tsunami, qu'un arrêt cardiaque. Pire que J. avec ses grosses cuisses et son soit-disant 34 en jean. Han. J'aimerais bien l'étrangler, lui raser la tête, planter un couteau dans sa joue droite et une fourchette dans la gauche, en vérifiant bien que les pointes dépassent à l'intérieur de sa bouche, histoire de lui apprendre les bonnes manières.
Il me faut un centre de gravité ; mon petit bidon.
La vie ne me plaît pas. Je ne comprends pas, je n'arrive pas à concevoir que certains puissent s'en contenter –voir s'en ravir. Moi, je refuse de supporter ça.
Je n'ai ni droit aux papillons dans les aquariums, ni aux Groubiches, ni à la danse de la tour Eiffel. Mais je les emmerde. Ma maison, c'est mon estomac, et ça m'amuse bien plus que d'embrasser L., même si c'est drôle aussi.
Et moi ?
Je n'arrive pas à dormir, et quand je parviens à fermer l'oeil c'est pour rêver que mon prof de maths me pelote, puis me frappe à m'en faire saigner la mâchoire, puis attache un anti-vol au bas de mon jean.
Help.
