[Quand deux princesses, s'endorment au coin du lit, c'est dans l'ivresse, qu'elles se sont réunies, et dans la chambre, aux silences, de Juliette, elles se ressemblent, quand elles pensent, aux comètes.]

[Quand deux princesses, s'endorment au coin du lit, c'est dans l'ivresse, qu'elles se sont réunies, et dans la chambre, aux silences, de Juliette, elles se ressemblent, quand elles pensent, aux comètes.]
J'aurais voulu etre une fleur pour me faire arracher...

J'adore sentir des nuages de fumée à la place de mes jambes, j'adore. Elle ne m'aime plus. Je crois que je suis triste. Je me sens mal; je suis grosse. Je sais que ce n'est plus pour longtemps, mais j'ai honte de moi. J'ai envie de vomir. Je me sens sale. Je suis mon ombre, mon spectre, mon fantôme. Les chansons se heurtent contre mes tempes, je suis enfermée dans une prison au goût platreux, je m'ennuie. Je compte; le nombre de pots de crème au café dans le frigo, le nombre de tranches de pain, le nombre de paquets de gateaux; même si je ne les mangerai jamais. La nuit parfois je me lève, je vérifie, je récapitule. C'est dingue ce que les gens peuvent manger -ce que j'ai pu manger dans le temps !
Du bout des lèvres une pêche; elle se décompose en mon estomac, je suis souillée par sa peau trop sucrée. J'ai peur, si peur. J'aime tant cette torpeur, ce tourbillon de perte, ces chiffres qui baissent. Je n'aime pas les vacances. Non, meme, je déteste ça. Abandonnée à moi même, perdue, errante, seule. Si seule. Je me sens atrocement seule. J'ai mal.
Mes paupières sont lourdes, je suis faible. Je me déteste à un point qu'il est impossible d'imaginer. Moi et ma gueule de trainée, ma tete trop ronde et mes cheveux trop longs -pas assez longs, mes yeux trop grands, trop petits parfois, je me déteste moi.
Les paroles de guerilla poubelle me plaisent, c'est dingue.

# Posté le samedi 21 juin 2008 17:26

Modifié le dimanche 22 juin 2008 06:31

[Je veux des cheveux noirs, une peau fushia et des ongles bleus.]

[Je veux des cheveux noirs, une peau fushia et des ongles bleus.]
Oh ma puce, oh ma belle, oh ma douce, comme je suis laide si tu savais, comme tu brilles au millieu des étoiles, comme tu rayonnes, de ton corps de sylphide...
Ne nous étranglons pas avec le fil de notre vie, c'est drôle, oui, de mourir sans limites, mais je veux que tu restes, je veux que tu restes.
J'ai péché, oui, hier j'ai mangé, aujourd'hui non, rien, plus jamais. Ou si peu.

Mes cuisses se touchent, les tiennes aussi ? Déchiquetons les, arrachons les, scellons nos bouches, nos gorges, nos corps, préservons nos langues déjà meurtries de l'immonde goût de la maladie.
Dansons ensembles, coeur contre coeur, corps contre corps, au milieu des brises légères, douces, caressantes, de l'amaigrissement, mêlons nos folies, nos souvenirs, notre ATROCITÉ et notre CRUAUTÉ, aimons nous seulement, les yeux fermés, la bouche close.


Attends moi pour mourir, je ne veux pas que tu partes. Reste avec moi, ou je te suivrai. Mais comment savoir où tu es, ce que tu veux, ce que tu fais ? Attends moi pour mourir, je ne peux pas vivre sans toi.

Les plumes s'envolent, nous aussi, je te suivrai où que tu ailles, mais je ne veux pas que tu partes...


Notre jeu est si prenant, si drôle, si amusant.
Je refuse que tu gagne.


Embrasse-moi, ici, plus tard, maintenant, toujours.

Je te trouve si belle...




N'oublie pas, ce n'est qu'un jeu, un terrible jeu, un savoureux jeu. Je t'aime, je vous aime.
Parce que je crois qu'un jour, moi je t'épouserai...

# Posté le mercredi 18 juin 2008 05:56

[Tes parents auront peur de moi.]

[Tes parents auront peur de moi.]
Et l'imaginer embrasser le ventre, espérant, peut-être, que le mal s'envolera.

# Posté le mardi 10 juin 2008 15:02

[L'Automne des idées.]

[L'Automne des idées.]
?... elleb sulp al tse iuq iom sid rioriM ,rioriM Miroir, Miroir, dis moi qui est la plus belle ...?


J'ai envie que tout tourne autour de moi, de tourner autour de tout, de danser, voler, tournoyer, tournoyer, tournoyer, à en avoir le tournis et à m'en éffondrer. J'ai envie d'être belle, d'être maigre, de courir et de vivre, vite.



Comment vous expliquer l'état dans lequel je suis plongée depuis hier ? Je ne suis pas heureuse, non, ce n'est pas le bonheur qui m'emplit le corps.
Mais je me sens bien. Ce matin j'ai mangé comme une personne normale, j'ai trouvé ça énorme, mais il paraît que tout le monde fait ça. Alors je suis contente. Parce que dans le fond, ce n'est pas même le quart d'une crise.
Par contre, depuis, je n'ai pas faim du tout. Là, ça commence un peu, mais je ne sais pas encore si je vais attendre le dîner, ou manger un petit peu. Comment font les gens normaux ??


« Ce n'est pas une nécessité superficielle,
C'est juste une futilité existentielle. »

# Posté le dimanche 08 juin 2008 13:20

[Ô divine des divines.]

[Ô divine des divines.]
DANSE MACABRE

Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
O charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens-tu troubler avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Eperonnant encore ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
« Fiers mignons malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! O squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange,
Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! »

Charles Baudelaire.


J'adore les mots esquinter, orpheline, spermatozoïde et coquelicot.

& Vous ?

# Posté le mercredi 04 juin 2008 05:44

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:38