Tu vas mourir les cheveux dans ton assiette, princesse.

Tu vas mourir les cheveux dans ton assiette, princesse.
Je ne vais pas mal, je ne vais pas bien. Je ne suis rien.
"Elle est pas belle, elle est pas moche non plus.
Elle est pas à droite, elle est pas maladroite...
"


J'ai besoin qu'on me gifle, je sais pas, qu'on me réveille de cette torpeur. Je fais n'importe quoi. Depuis mardi j'ai perdu 2 bons kilos. Je ne crise plus. Et je n'en n'ai pas envie. Je mange trop peu, mais je ne me mets pas en danger, pas encore, je le sais.

Je ne veux pas mourir. Non. Seulement je ne trouve pas le côté de la vie qui pourrait être agréable. Supportable.

Alors je me réinvente.

Disons que je m'appelle Lilly. C'est joli, léger, volatile. Ca me rappelle les libellules. Ca me donne une impression de bleu. Un joli bleu, avec une pointe de rouge, et des bordures vert eau.
Je suis grande. Proche du mètre soixante dix. J'ai de longs cheveux châtains, la taille fine et les jambes frêles. J'ai les pupilles dilatées. Je vis dans mon monde. Je me shoot à l'héro, la coke et l'extasie. Je suis bien. Indépendante, confiante, et vivante.
J'ai douze ans. J'ai douze ans pour l'éternité. Je suis Peter Pan. A la vie, à la mort. Mon âge me colle à la peau, mon âge est inchangable, mon âge reste le même.
Je suis lesbienne. Des filles jolies, adorables, douces et chaleureuses m'enveloppent dans leurs cheveux. Elles ont la peau parfumée, des yeux sombres mais brillants.
Ou plutôt non. Je suis bisexuelle. Je suis enceinte et je m'amuse à observer les pieds de mon bébé se dessiner à travers la peau tendue de mon ventre. Je l'appelle Timothée. Ou Tim. Ou Petits pieds.
Son papa est là. Il est tendre et affecteux. Et grand. Il a des mains chaudes. Des doigts fins. Il est gentil.


Je sais bien que je suis folle. Je sais.

J'aimerais trouver les bras entre lesquels pleurer. Je suis une fille, paumée.


[Aku, ton commentaire imprévu m'a beaucoup touchée. Je t'en remercie, sincèrement.]
# Posté le samedi 03 mai 2008 07:43

Doux frissons.

Doux frissons.
Sa tête rebondit régulièrement contre la vitre vibrante du taxi. A l'avant les gouttes crépitent contre le pare brise, comme un scratch que l'on ouvre lentement. Son visage rond et innocent est pâle, ses lèvres sont enduites d'un rouge corail et ses yeux d'enfant sont soulignés d'une épaisse couche de khôl.
Mylène, Ariane, Solange, Laura, Kittry, Sixtine, Clémence, Inès, Victoire... Qu'importe, elle change tous les soirs, elle n'est personne. Elle est tout le monde. Elle est trop. Trop de gens à la fois, trop de sentiments en même temps, trop de fréquentations différentes, trop de mensonges éparpillés. Elle n'est rien.
La voiture s'arrête, une roue sur le trottoir. Un homme trapu et sombre de tourne vers elle. Elle lui tend un billet sans regarder le chiffre inscrit dessus. "Gardez le reste, c'est bon." Le visage impassible, elle sort de la voiture, ferme la porte un peu trop violemment. Ca claque. Elle ferme les yeux, fronce les sourcils. Un frisson la parcoure. Elle n'aime pas le bruit.
Elle respire un grand coup, les os rongés par le froid, avance maladroitement. Elle a le vertige du haut de ses talons. Elle n'est plus loin encore, ses jambes se dérobent sous son corps. Elle tombe mais se relève aussitôt, elle a peur qu'on l'ait vu; son corps lui fait faux bon. Elle le déteste. Qu'il est stupide. Faire trois pas, tout droit, ne relève pas de l'inhumain.
Un porte abîmée en bois mal peint, d'un vert irrégulier. Elle tire sur sa jupe, se mord la langue, toque furtivement et aussitôt on ouvre. Son regard un instant s'attarde sur la main d'homme, imposante, épaisse, poilue, posée sur la poignée.
Elle rentre et improvise. Aujourd'hui c'est Sibylle.






Elle, ce n'est PAS moi.







# Posté le lundi 28 avril 2008 11:39
Modifié le mardi 29 avril 2008 05:06

Et vivre au vent, à feu, à sang.

"J'voudrais t'emmener, au dessus d'un volcan,
Brûler mes os faire
transpirer mes sentiments..."


J'ai décidé, aujourd'hui même, et je sais que je m'y tiendrai, que la boulimie sera anéantie, ce soir, minuit. Je la veux Dead.



Enfin, je m'installerai dans une jolie maison de poupée, des boucles blondes enroulées sous mon menton, des yeux immensément bleu, des membres fins, délicats et blancs. Comme voilés d'une poudre légère. Ma maison sera splendide, avec des murs recouverts de mousseline rose, des meubles en bois clair et verni, avec une musique douce et glaucque. Je pourrai jouer sans relâche à mon jeu si prenant, je pourrai mourir toute la journée, dans ma jolie maison. J'aurai un frigo. Tout petit frigo. Avec des tomates cerises, quelques oeufs pour mes journées hyperprotéinées, et peut être une corbeille de fruit avec une pomme pour les jours de fête.
J'aurai aussi des toilettes royales. Des toilettes splendides, avec posée juste à côté un écrin rouge vif pour y poser les bagues qui risqueraient de glisser, autour de mes doigts. Toujours un choix d'élastiques pour m'attacher les cheveux. Noir, rose, ou rouge. J'aurai même droit à un gris.
Je retrousserai les manches de ma robe de soie, aux nombreux volants un peu rêches, dévoilant ces lignes encore un peu rouges sur mon avant bras, et puis je m'amuserai. Beaucoup.

J'aurai des miroirs à tous mes murs, partout, et une balance sous mon lit.

Je suis, complètement, folle.

" I'm a barbie girl, in the barbie world
Life in plastic, it's fantastic!
You can brush my hair, undress me everywhere
Imagination, life is your creation ... "


Et vivre au vent, à feu, à sang.
# Posté le jeudi 17 avril 2008 14:01

BLA, bla, bla...

BLA, bla, bla...
C'est comme un troubillon qui t'emporte, te trimbale de droite à gauche, te fais tomber dans un trou, un gros, profond, noir, sale et puant, et qui, de flemme de te repêcher, t'y laisse te démerder.

Je sais pas quoi dire, on m'enlève mes mots. On m'arrache la peau.

Je grossis. Je suis grosse. Une grosse vache. Avec des bourrelets, des cuisses énormes et des habits trop petit. L'humeur du matin se règle en fonction du trou de la ceinture.
De toutes façons, je ne me pèse plus. Se peser, c'est agréable quand on sait que les chiffres déscendent... J'en ai marre, vraiment.
J'ai des idées bizarres, des pensées tordues. J'ai volé 20 euros. A mes parents, c'est pas si grave. Ils pensent que c'est la femme de ménage. Je sais si bien mentir qu'ils ont tout gobé. Non c'est pas moi, ça va pas la tête! Bien sûr que si, j'avais besoin de criser, y'avait cet argent là, dans la petite boîte ... Un Mc Do, une boulangerie, un marchand de glace et un distributeur. Au moins, je ne me suis pas ennuyée.


Je déteste ça, ces nouvelles rencontres, ces questions, affreuses. T'as fais quoi ce week end ? T'as un copain toi ? Alors, bonne journée ? Ca va ? ...

# Posté le lundi 14 avril 2008 14:28

...

Je suffoque.


Comme je mens. C'est drôle. Toujours, tout le temps. Que j'aime, que je déteste, je mens. Si vous saviez comme je suis affreuse, vieille et flétrie à l'intérieur de moi. SI vous saviez comme mon âme est dévorée par le pêché. Non, non ne croyez pas que je mente, parce qu'anorexie. Ne croyez pas que je mente parce que maladie. Je mens parce que je suis tachée, je suis infâme, je suis horrible. Que de souillures et de méandres douteuses à l'intérieur de mon être. Que de mensonges, que de dissimulations.
Je vomis -non, plus littéralement- mes mots, et mes mots ne sont que mensonges. C'est si drôle . Je ne suis qu'un terrible mensonge.
Je ne suis peut être pas même anorexie, je ne suis peut être pas même boulimie. Je suis juste affaiblie, vidée, exténuée, détruite, morte, déambulant dans de longs couloirs aux éclairages trop vifs. Eblouie, les yeux plissés devant les lumières trop vives, le blanc agressif de ces murs, les pieds collants et puants sur le sol glacé. Je suis complètement folle.

Je ne veux plus de ce putain de corps.

J'ai besoin, envie, je ne sais plus. Je veux des mains chaudes et délicates dans mes cheveux, je veux des bras tendres autour de mon corps. Je veux des baisers doux sur le front, les joues, le cou. Jamais, jamais sur mes lèvres. A personne je ne voudrais infliger mes lèvres abîmées, mes lèvres menteuses, mes lèvres affreuses. Ce goût amer de vomi, ces mots coupants, ces repas blessants, et ces aliments méchants ne doivent pas être partagés avec une autre bouche, tordue elle aussi c'est sûr, de mille faiblesses, de mille souffrances et de mille erreurs.

Je suis seule et je me plait bien dans mon petit coin de malheur. Je suis conne.
Je me déteste, tant.

Ne m'écoutez pas parler, ne me croyez pas, jamais. Je suis une menteuse.


Toi, merci. J'ai failli en pleurer mais je ne pleure pas, plus, parce que je suis forte. Parce que je suis faible.
Les inconnues m'ont toujours fait plaisir. Sans doute les bonbons qu'ils m'offrent tout le temps.

...
# Posté le samedi 12 avril 2008 09:53