C'est une phrase honteuse et profane que je devrais ma foi écrire en tout petit et faire en sorte de dissimuler au milieu des mots. Seulement j'ai eu envie de l'écrire en si gros de façon à vous le dire à tous: Je ne suis pas belle, pas jolie, pas gentille, pas magique, pas douée. Je suis grosse et je grandis.
"On ne vous l'a jamais dit, mais vous savez obscurément qu'une dégradation terrible vous attend, qui s'en prendra à vos corps idéaux et à vos humeurs non moins idéales pour faire de vous des acnéiques tourmentés."
(L'Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb.)
Enfin. J'y suis depuis quelques temps dans cette putain d'adolescence.
J'aimerais me mettre à danser, à tournoyer, dans les bras de la beauté. M'enivrer de son parfum, enfantin. Redevenir pure et angélique comme Léopoldine l'est. Pâle, frileuse, maigre, grande et fracassante, déchirante, émouvante, attachante.
Danser les pieds agacés, emportés, danser le sourire aux lèvres et les lèvres indemnes. Propres. Vierges de tous péchés.
Je bloque sur mes mots. Je ne parviens plus à rien, je ne sais plus écrire. Pardon.
Elle est incroyable, et ses doigts sont magiques. Même plus.


