BLA, bla, bla...

BLA, bla, bla...
C'est comme un troubillon qui t'emporte, te trimbale de droite à gauche, te fais tomber dans un trou, un gros, profond, noir, sale et puant, et qui, de flemme de te repêcher, t'y laisse te démerder.

Je sais pas quoi dire, on m'enlève mes mots. On m'arrache la peau.

Je grossis. Je suis grosse. Une grosse vache. Avec des bourrelets, des cuisses énormes et des habits trop petit. L'humeur du matin se règle en fonction du trou de la ceinture.
De toutes façons, je ne me pèse plus. Se peser, c'est agréable quand on sait que les chiffres déscendent... J'en ai marre, vraiment.
J'ai des idées bizarres, des pensées tordues. J'ai volé 20 euros. A mes parents, c'est pas si grave. Ils pensent que c'est la femme de ménage. Je sais si bien mentir qu'ils ont tout gobé. Non c'est pas moi, ça va pas la tête! Bien sûr que si, j'avais besoin de criser, y'avait cet argent là, dans la petite boîte ... Un Mc Do, une boulangerie, un marchand de glace et un distributeur. Au moins, je ne me suis pas ennuyée.


Je déteste ça, ces nouvelles rencontres, ces questions, affreuses. T'as fais quoi ce week end ? T'as un copain toi ? Alors, bonne journée ? Ca va ? ...

# Posté le lundi 14 avril 2008 14:28

...

Je suffoque.


Comme je mens. C'est drôle. Toujours, tout le temps. Que j'aime, que je déteste, je mens. Si vous saviez comme je suis affreuse, vieille et flétrie à l'intérieur de moi. SI vous saviez comme mon âme est dévorée par le pêché. Non, non ne croyez pas que je mente, parce qu'anorexie. Ne croyez pas que je mente parce que maladie. Je mens parce que je suis tachée, je suis infâme, je suis horrible. Que de souillures et de méandres douteuses à l'intérieur de mon être. Que de mensonges, que de dissimulations.
Je vomis -non, plus littéralement- mes mots, et mes mots ne sont que mensonges. C'est si drôle . Je ne suis qu'un terrible mensonge.
Je ne suis peut être pas même anorexie, je ne suis peut être pas même boulimie. Je suis juste affaiblie, vidée, exténuée, détruite, morte, déambulant dans de longs couloirs aux éclairages trop vifs. Eblouie, les yeux plissés devant les lumières trop vives, le blanc agressif de ces murs, les pieds collants et puants sur le sol glacé. Je suis complètement folle.

Je ne veux plus de ce putain de corps.

J'ai besoin, envie, je ne sais plus. Je veux des mains chaudes et délicates dans mes cheveux, je veux des bras tendres autour de mon corps. Je veux des baisers doux sur le front, les joues, le cou. Jamais, jamais sur mes lèvres. A personne je ne voudrais infliger mes lèvres abîmées, mes lèvres menteuses, mes lèvres affreuses. Ce goût amer de vomi, ces mots coupants, ces repas blessants, et ces aliments méchants ne doivent pas être partagés avec une autre bouche, tordue elle aussi c'est sûr, de mille faiblesses, de mille souffrances et de mille erreurs.

Je suis seule et je me plait bien dans mon petit coin de malheur. Je suis conne.
Je me déteste, tant.

Ne m'écoutez pas parler, ne me croyez pas, jamais. Je suis une menteuse.


Toi, merci. J'ai failli en pleurer mais je ne pleure pas, plus, parce que je suis forte. Parce que je suis faible.
Les inconnues m'ont toujours fait plaisir. Sans doute les bonbons qu'ils m'offrent tout le temps.

...

# Posté le samedi 12 avril 2008 09:53

Arf.

Arf.
C'est dans la vitesse à laquelle mes sourires s'effacent que je prends conscience de leur hypocrisie. Tous crispés, tous faussés, tous forcés.
Je joue un rôle jusque dans mon sommeil, où je ne me permets pas de rêver pour ne pas trahir mes pensées. Mes nuits sont sans rêves, tissées dans un tissus imbibé de pleurs.

Je me quitte, une fois, deux fois, trois fois. Comme je m'amuse dans ma maison en carton, à manger, manger, manger.
Comme je m'amuse derrière les parois fragiles de ma boîte à faire papillonner mes papilles, à faire ronronner mon palais au contact de la chaleur du nutella fondu, à faire exploser ma langue de milles sensations dans ma bouche emplie de ma glace à la framboise. Trop froide.

Comme elle est belle ma bulle aux parois élastiques, comme je suis bien dedans. Comme c'est drôle de faire franchir à tous ces aliments mes lèvres tremblantes et gercées. Comme c'est amusant de grossir chaque jour un peu plus, tétannisée par la peur de faire exploser ma sphère glissante.

Comme l'anorexie me manque, enfermée derrière mes barreaux boulimiques. J'entend au loin les clés qui s'entrechoquent. J'attends. J'ai peur. Je me déteste.

# Posté le vendredi 11 avril 2008 14:00

fuck

Et il l'a répété, deux fois je crois, peut-être trois. Que j'étais formidable quand j'étais petite, j'étais gaie, j'étais jolie, j'étais bavarde, j'étais enjouée. Je suis morte maintenant Papa, tu ne comprends pas ? Et en face l'autre lui disait que je faisais ce qu'on appellait une dépression. Quoi?. QUoi!? Moi on ne m'avait rien dit, il m'avait toujours dit "pas une dépression au sens lourd du mot,..." Alors si finalement une dépression. Putain. Et lui qui répétait, je suis intelligente MAIS il ne faut pas que je me sente obligée de prouver quoique ce soit aux gens à force de trop de flatterie. Vos gueules. Vous me faites mal. En face il répondait que mon intelligence finalement m'handicapait. Reprenez-la, je n'en veux pas. Partez, laissez moi. Il disait que mon adolescence était en fin de compte un peu précoce, due à cette maturité importante. Je n'en veux plus, prenez la moi!

Je voudrais tant, tellement, être encore la petite fille que j'étais. Intacte. Sous toutes ses coutures. Parfaite. Tant dans le corps que dans l'esprit. Je lutte Papa, j'essaie.


fuck

# Posté le jeudi 03 avril 2008 17:13

Modifié le dimanche 06 avril 2008 12:34

Alouette, gentille alouette, je te plumerai le ventre, je te plumerai le ventre ...

Alouette, gentille alouette, je te plumerai le ventre, je te plumerai le ventre ...
Les yeux humectés d'une sombre lumière, le visage écorché par une obscure puissance, et le vent crissant dans ses cheveux de nylon. Toujours si belle, toujours si forte, toujours si maigre.
Le torrent de son âme déchaîné dans son être, l'enveloppe si inerte et si calme n'en laissant rien paraître. Paraître et transparaître, disparaître... Tout, tout sauf être.

Son effacement si bien contrôlé, si bien décidé, si bien mené. Chaque geste et chaque mot méticuleusement choisi; chaque kilo perdu agréablement savouré; chaque pantalon trop grand jeté avec un plaisir dément.
Sa danse endiablée, douce et satinée, sa danse enveloppée, lancinante et envoûtée, entraînant tous ses membres dans l'atmosphère lointaine, décrochant ses bras et ses jambes, son Corps tout entier, de son âme écoeurée, repoussée et protégée.
Le corps tant maculé une fois exterminé, elle pourra vivre enfin, sereine et reposée, tant rassurée d'avoir su sauver l'Esprit.

Quel jeu stupide d'image. Futiles et puériles obsession. La honte tordante au cou, la culpabilité dévorante au ventre, tel un combat d'escrime avec son propre corps elle fantasme mais jamais ne parvient. A s'enfoncer son fleuret trop souvent dans son coeur elle a fini par le percer. Gober sans gerber, c'est tout ce qu'elle sait faire, comme une vulgaire putain abandonnant son corps à une transe passagère pour jouir de l'excitant plaisir du remplissage, automatique ...

# Posté le jeudi 03 avril 2008 16:51