Je suffoque.
Comme je mens. C'est drôle. Toujours, tout le temps. Que j'aime, que je déteste, je mens. Si vous saviez comme je suis affreuse, vieille et flétrie à l'intérieur de moi. SI vous saviez comme mon âme est dévorée par le pêché. Non, non ne croyez pas que je mente, parce qu'anorexie. Ne croyez pas que je mente parce que maladie. Je mens parce que je suis tachée, je suis infâme, je suis horrible. Que de souillures et de méandres douteuses à l'intérieur de mon être. Que de mensonges, que de dissimulations.
Je vomis -non, plus littéralement- mes mots, et mes mots ne sont que mensonges. C'est si drôle . Je ne suis qu'un terrible mensonge.
Je ne suis peut être pas même anorexie, je ne suis peut être pas même boulimie. Je suis juste affaiblie, vidée, exténuée, détruite, morte, déambulant dans de longs couloirs aux éclairages trop vifs. Eblouie, les yeux plissés devant les lumières trop vives, le blanc agressif de ces murs, les pieds collants et puants sur le sol glacé. Je suis complètement folle.
Je ne veux plus de ce putain de corps.
J'ai besoin, envie, je ne sais plus. Je veux des mains chaudes et délicates dans mes cheveux, je veux des bras tendres autour de mon corps. Je veux des baisers doux sur le front, les joues, le cou. Jamais, jamais sur mes lèvres. A personne je ne voudrais infliger mes lèvres abîmées, mes lèvres menteuses, mes lèvres affreuses. Ce goût amer de vomi, ces mots coupants, ces repas blessants, et ces aliments méchants ne doivent pas être partagés avec une autre bouche, tordue elle aussi c'est sûr, de mille faiblesses, de mille souffrances et de mille erreurs.
Je suis seule et je me plait bien dans mon petit coin de malheur. Je suis conne.
Je me déteste, tant.
Ne m'écoutez pas parler, ne me croyez pas, jamais. Je suis une menteuse.Toi, merci. J'ai failli en pleurer mais je ne pleure pas, plus, parce que je suis forte. Parce que je suis faible.
Les inconnues m'ont toujours fait plaisir. Sans doute les bonbons qu'ils m'offrent tout le temps.